Les textes qui sont publiés sur ce blog sont ma propriété, les photos sont soit les miennes, soit sous le copyright fabian da costa photographe. Sauf indications de sources de ma part. Merci de ne pas les utiliser sans mon autorisation.

samedi 24 juin 2017

A rebrousse-poils

chat chinois dans un temple zen
 ne pas essayer de le caresser à rebrousse-poils



Rebrousse poils

Se dit de l’état d’une personne agacée par l’accumulation de petites contrariétés, d’une kirielle de casse-pieds, de nuits étouffantes, de journées brûlantes, et de quelques autres brimborions du même acabit.

Alors, comme bulles de savon au gré du vent, éclatent honteusement  : le oui à toute chose, la présence à soi, la zen attitude, les tentatives de mindfulness…etc…

Ne restent visiblement que l’énervement préventif, le “ ne me touchez pas où je mords “, la devise lue à l’arrière d’une voiture occitane, “ Volem rien foutre al pays “.

Bien, mais comme il n’est pas possible de rester dans cet état dévastateur je vais me soigner – une bière fraîche peut-être, une lecture marrante, pas de spiritualo-psychologico, il fait trop chaud. Et pourquoi pas de la calinothérapie ?


samedi 17 juin 2017

Les heures du jour

Soir d'orage - photo fabian da costa



Invisibles tranches du temps, petits carrés de mosaïques au plafond de nos vies. Un petit cube de verre bleu pour les jours de soleil, un cube de verre feu pour les soirs d'été. Irisation de nos ciels.

Aller d'un bout à l'autre du jour, depuis le ciel du matin dans les carreaux de la fenêtre, jusqu'au seuil de mon sommeil. Je voudrais une fin de journée, m'asseoir dans le silence de la maison et laisser glisser les heures sur mes mains immobiles. Je voudrais voir la lumière couler sur les murs et les vitres, l'ombre s'allonger comme un chien fatigué sur le carrelage frais. Je voudrais entendre le temps passer, marcher. je voudrais me défaire de l'habitude du faire et attendre la nuit.

La première gloire de l'enfance s'éteint quand s'accélère la sensation du temps qui fuit. Viennent alors en rangs serrés les devoir, les falloir, les exigeantes urgences. Le velouté de l'enfant se râpe et se durcit au frottement de la vie. Le cal nous vient au coeur et s'oublie alors le bonheur de regarder les heures et les jours avec des yeux tranquilles.

Pouvoir rester, même de rares fois, dans la sérénité du temps qui passe. Parvenir juste par instant, à se faire un ami de cet ennemi. Apprivoiser le tyran qui nous étreint chaque jour, pour nous laisser rompu au bout de notre vie. Ce n'est pas la moindre grâce qui nous serait donnée là.

J'ai cru voir pour la première fois des aubes se lever dans des ciels toujours neufs. J'ai découvert les gestes du matin, ceux que l'on fait le coeur encore endormi, replié sur la nuit toute proche. La danse quotidienne qui apporte sur la table, le thé, le lait, le beurre, les céréales. Faut-il donc tout ce temps pour en prendre conscience ?

Et puis viennent les soirs. Ceux d'été où la lumière s'attarde longuement sous le toit, avant de se déliter dans le champ de blé où elle se couche ici. Nous dormirons dans l'odeur du soleil, des tilleuls et des vieilles tuiles rousses du l'atelier voisin.

mardi 6 juin 2017

Des autobus, des femmes et des hommes






Une aimable plaisanterie attribuée à Mark Twain - on ne prête qu’au riche - me fait toujours rire, parfois rire jaune …



Ce très cher humoriste anglais, disait : les femmes se plaignent qu’une fois conquises, leurs amoureux, maris ou amants ne leur fasse plus la cour…mais enfin, quand après avoir couru derrière un bus à perdre haleine, on a enfin réussi à sauter dedans, on ne va tout même pas en descendre pour recommencer la course !!!



Voilà, voilà : depuis Eve sans doute, les femmes et les hommes ont des points de vue différents sur la question. Eve dit, “ Tu es tout pour moi “, et elle s’attend à la réciproque bien entendu. Hors, Adam est bien d’accord… pour être tout pour elle…

Est-ce la fin de l’histoire et du voyage en bus ?



Peut-être pas car il existe des solutions.



Solution 1 : virer le coureur essouflé hors du bus, juste pour lui apprendre la vie. Ne pas oublier de ralentir la vitesse du véhicule, car l’âge venant, il court peut-être moins vite.



Solution  2 : si le premier coureur lâche l’affaire, attendre d’en voir passer un autre. Choisir un coureur de fond ou encore mieux un marathonien.



Solution 3 : aménager son bus à sa guise et se trouver très bien comme ça.



Solution 4 : proposer une partie de cache-cache au premier coureur, mais à l’intérieur du bus.



And with love, beaucoup, beaucoup de love…pour les hommes que nous aimons








jeudi 27 avril 2017

Poème pour Orphée

Orphée et Eurydice

Orphée avait reçu la permission de ramener sa fiancée des enfers à la condition de ne pas se retourner pour la regarder - ce qu'il fit et ce pourquoi il la perdit


Nos jeunes années
et les autre qui viennent,
lesquelles serviront à éclairer le chemin ?

Sur une feuille réapparue,
sous l’encre déteinte,
affleure l’enfant perdu.

Faut-il se retourner Orphée ?
Faut-il mourir pour abandonner
nos souvenirs tenaces ?

Oublier ou retenir,
vouloir les deux, est-ce avoir tort ?
Renoncer est si mal commode.


mercredi 26 avril 2017

Pour un temps suspendu...



Un lieu de paix et de silence - le jardin Zen d'Erik Borja - Drôme


Et nous sommes comme des fruits. nous pendons haut à des branches étrangement tortueuses et nous endurons bien des vents. Ce qui est à nous, c'est notre maturité, notre douceur et notre beauté. Mais la force pour ça coule dans un seul tronc depuis une racine qui s'est propagée jusqu'à couvrir des mondes en nous tous. Et si nous voulons témoigner en faveur de cette force, nous devons l'utiliser chacun dans le sens de sa plus grande solitude. Plus il y a de solitaires, plus solennelle, émouvante et puissante est leur communauté.

Rainer Maria Rilke " Notes sur la mélodie des choses."


     Lu ce matin, dans le silence d'un jour qui commence, froid et gris, avec pour seule musique, celle de la pluie qui tombe du toit sur les pierres du jardin. Avec pour seule présence, celle d'un chat roux qui vient de rentrer trempé de sa maraude nocturne. 
      Alors oui, comme un désir de retrait, de solitude, au milieu de cette tempête de bruits, d'invectives, de postures médiatiques, d'heures et de jours, de semaines à venir, qui seront remplis de petites phrases et de grands mots - de ceux qui feront peur, et des autres qui se voudront porteurs d'espoirs. 
     Le jour venu je ferai ce que ma raison à défaut de mon coeur, me demandera de faire. Et ensuite, j'essaierai chaque jour de témoigner, à ma mesure si légère, de cette force fragile qui appelle chacun à la maturité, à la douceur, à la beauté.





jeudi 20 avril 2017

Hommage


Emmanuel

Refermer mes mains lentement sur ses mains,
pour qu'il ne pleure pas : il sait que je le quitte.
Mais un jour, un matin peut-être, très ordinaire,
quelqu'un viendra, qui me ressemble étrangement
et qui prendra ses mains, comme à cet instant même.

Quelqu'un qui me ressemble et qui ne sera pas 
son père familier, ce sera l'étranger, qu'il aura
quelquefois entrevu dans un songe,
un ange de tendresse et de longue patience,

et qui l'emportera au lieu d'inconnaissance
où tournoient les soleils.

Jean Vigna 


Ce matin, quatrième jour de la Semaine Lumineuse, celle qui suit le dimanche de la Résurrection, nous avons entouré Jean, notre ami, qui cheminait une dernière fois avec son fils, sur l'ultime chemin. Malgré l'âge venu, Emmanuel était resté cet enfant ébloui par un vol de colombes, ce coeur ouvert simplement aux étonnements de la vie.

Jean nous a confié ce poème, écrit quelques mois plus tôt, et je lui ai demandé la permission de le partager ici - comme un hommage à l'amour paternel, comme un cadeau aussi, fait à nous tous, qui nous tiendrons un jour ou l'autre au seuil de cette insondable inconnaissance.


lundi 17 avril 2017

Le champ du rêve



Le champ du rêve se travaille la nuit, quand s’éveille tout un monde inconnu de nos jours.
Et ce monde là, laisse sur ses pas des ombres et des brumes, des éclats de soleils, des éclairs de comètes, qui traversent, fulgurants souvenirs, nos mémoires éblouies.

Nous ne labourons pas ce champ, mais nous en récoltons les fruits. Alors peut s’élever dans nos coeurs, dans nos âmes, le chant du rêve – celui qui vient dans le silence apprivoisé de ce qu’on nomme rêverie.